Tout ce que vous devez savoir pour tracer votre propre aventure dans la province de l’Alberta.

Ce billet de Jeremy Klaszus a été publié initialement en anglais sur le site de Travel Alberta.

 

Lorsque j’ai réservé mon excursion d’observation de la faune dans le parc national Jasper, je m’attendais à être accueilli par un guide de l’âge de mes parents. J’étais donc un peu surpris lorsque, dans le hall de mon hôtel, à l’heure convenue, j’ai aperçu un jeune homme barbu, bloc-note à la main et tuque (bonnet en québécois) à l’effigie d’une microbrasserie sur la tête. J’étais intrigué : qui était ce bonhomme? Un livreur?

 

Avant d’aller plus loin, je voudrais présenter mes excuses à Pete. Je m’attendais à rencontrer quelqu’un d’un certain âge, sans même penser qu’un représentant de la génération Y pouvait tout aussi bien connaître la faune albertaine qu’un coureur des bois aguerri.

 

C’est ainsi que j’ai rencontré Pete Limoges, mon guide de 29 ans, pour mon expédition hivernale d’observation faunique organisée par SunDog Tour. Pete est Montréalais de naissance, mais, comme beaucoup de Canadiens d’où qu’ils soient au Canada, la majesté des montagnes sauvages de l’Alberta et leur faune emblématique l’ont marqué. Comme il me l’a expliqué : « J’étais à la recherche d’aventure, d’espaces sauvages et de nouveauté, et c’est exactement ce que j’ai trouvé dans les Rocheuses canadiennes ».

 

Le coyote

Ne vous méprenez pas : les coyotes peuvent sembler être les adorables cousins du berger allemand de votre voisin, mais leur réputation de prédateurs rusés dans les légendes amérindiennes est amplement méritée. Si vous êtes tentés de les caresser, ôtez-vous cette idée de la tête tout de suite!

 

Nous avons quitté Jasper, direction est. Pete a rapidement démontré ses talents de guide en repérant un coyote assis sur une petite colline à environ 300 m de notre véhicule. Une nuée de corbeaux virevoltait autour de lui. Notre spécimen est resté immobile devant un boisé de pins sombre pendant que nous le prenions en photo, ce qui nous a permis d’observer son museau étroit et ses oreilles pointues, deux des caractéristiques qui donnent aux coyotes leur allure espiègle. Soudainement, un autre invité a fait irruption : un aigle à tête blanche s’est mis à tournoyer gracieusement au-dessus de notre vedette. J’avais l’impression d’écouter une émission sur la faune avec Pete comme narrateur érudit. Après quelques instants, le coyote a traversé la route devant nous avant de se faufiler dans un bosquet et de disparaître.

 

Le mouflon

Si vous avez déjà fait un peu d’escalade, vous savez probablement que grimper dans les hauteurs des Rocheuses canadiennes n’est pas de tout repos, surtout si vous transportez 13 kg de cornes sur votre tête! Il s’agit pourtant du quotidien du mouflon.

 

Levez les yeux bien haut — non, encore plus haut — et vous apercevrez peut-être ces ruminants aux cornes recourbées caracoler allègrement d’un pic à l’autre, sur les falaises, à la recherche de dépôts de sel. Grâce à leurs sabots fendus, ces alpinistes de nature se déplacent aisément sur les pentes escarpées. Pete s’est arrêté régulièrement le long de notre trajet pour installer une longue vue et nous permettre ainsi d’observer ces animaux de près. Nous avons ainsi remarqué la présence d’une pie bavarde perchée, sans gêne, sur le dos d’un mouflon. Pete nous a expliqué que toutes sortes d’insectes, dont les oiseaux raffolent, se cachent dans la laine de l’animal. Gracieuseté de Pete, nous avons aussi eu droit à une séance d’exercice des Rocheuses en nous faisant passer une énorme paire de cornes de mouflon.

 

Le grizzli

Vos chances de rencontrer le « roi de Jasper » durant les mois d’hibernation sont minces, mais il serait dangereux d’ignorer sa présence lorsque vous vous promenez dans les Rocheuses, quelle que soit la saison. Cela explique la profusion de panneaux d’avertissement à ce sujet dans les parcs nationaux.

 

Ces énormes bêtes erraient autrefois librement dans les vastes plaines d’Amérique du Nord. Aujourd’hui, ils sont confinés aux régions montagneuses et sont peu nombreux : il en reste environ 110 dans le parc national Jasper, sur un total de 1 000 en Alberta. Bien que les grizzlis aient une réputation de carnivores, ils sont en fait omnivores — les végétaux représentent 80 à 90 % de leur alimentation. Par ailleurs, l’appétit vorace du grizzli fait de lui le deuxième carnivore terrestre de par sa taille en Amérique du Nord. Mais ne laissez pas son imposant gabarit vous induire en erreur : un grizzli peut courir à une vitesse de 55 km/h!

 

Le wapiti

Avec ses magnifiques bois, le wapiti est l’un des animaux les plus majestueux du parc. Cette impression risque toutefois de s’estomper si jamais vous entendez un mâle en rut : d’après Pete, on dirait « un boa qui tente de jouer de la trompette, un sifflement disgracieux et très déplaisant ». Nous avons rencontré un troupeau d’une trentaine de wapitis longeant une route secondaire à la sortie de Jasper. Nous sommes arrivés au bon moment, car les wapitis perdent généralement leurs bois à la fin de la saison froide, et nous avons repéré un mâle qui venait d’en perdre un et tentait anxieusement de se débarrasser du second en hochant de la tête de manière comique. « J’ai toujours eu un faible pour les wapitis, m’a expliqué Pete, car ils ont une véritable personnalité. »

 

L’orignal

L’orignal (ou élan du Canada) est le plus imposant membre de la famille des cervidés, et probablement l’animal le plus représentatif du Canada. Il suffit de penser à son rôle à la fin d’un court-métrage de 1979 intitulé La valse du maître-draveur — un classique vu et revu par toute une génération de jeunes Canadiens — dans lequel le maître-draveur en question (c’est-à-dire l’ouvrier qui dirige les billots sur l’eau vers la scierie) use d’adresse acrobatique pour contourner un orignal planté au milieu de la rivière. Les orignaux adorent l’eau et sont des animaux plutôt solitaires, contrairement aux wapitis qui vivent généralement en troupeaux. Fait intéressant : Pete Limoges nous a expliqué que leurs imposants panaches ne servent pas uniquement à affirmer leur dominance sur les autres mâles en période de rut. Ils agissent aussi comme des « cornets acoustiques » qui focalisent les sons provenant de sources éloignées.

Ces animaux ne constituent qu’un aperçu de la diversité de la faune que vous trouverez en Alberta. De nombreuses autres espèces tout aussi fascinantes vivent dans les prairies, les forêts et les montagnes de cette province. Ainsi, le bison a récemment été réintroduit dans le parc national Banff. Vous croiserez peut-être la piste d’un carcajou (ou glouton) dans une clairière enneigée. Les régions montagneuses n’abritent pas seulement des grizzlis, mais également leurs cousins, les ours noirs. Un lièvre d’Amérique qui traverse précipitamment votre chemin peut être le signe qu’un lynx est dans les parages. Dans les Rocheuses, mouflons et chèvres des neiges gambadent à flanc de montagne, tandis que cougars et meutes de loups rôdent dans les boisés. Soyez aux aguets!

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